Plateforme de compostage des déchets verts

Optimiser et valoriser les réseaux de déchèteries qui représentent plus de 80 000 tonnes l’an, voilà quel peut être le véritable challenge d’une communauté. L’enjeu de se prémunir d’une plateforme est donc de résoudre ce problème-là, en permettant de créer à partir des déchets organiques, un produit naturel équivalent à de l’engrais ou du terreau, pouvant être utilisé comme amendement en milieu agricole.

Entièrement mis en œuvre par l’homme comme l’explique M.BIE, responsable d’une plateforme de compostage en île de France, les plateformes reproduisent de manière accélérée le processus naturel d’humification de dégradation de la matière sous l’effet des micro-organismes. Le fonctionnement d’une plateforme de compostage requiert des aménagements spécifiques.

L’aménagement d’une plateforme de compostage

La constitution d’une plateforme de compostage requiert tout d’abord de l’espace. Il doit être fractionné en plusieurs aires notamment un hangar. L’espace est destiné à accueillir le compost affiné ainsi que les équipements relatifs aux agents, un espace de stockage, de broyage, de fermentation/maturation, de criblage, un bassin de rétention des jus de fermentation et des eaux de ruissellement. Aussi, on compte d’autres aménagements tels que : les voiries d’accès, les espaces verts, les clôtures et autres assainissements.

En outre, l’aménagement nécessite un ensemble de matériel spécifique. Il s’agit de pont-bascule, de chargeurs, broyeurs, cribles 2-3 fractions, tracteurs, bennes agricoles, télescopiques, et d’une ensacheuse automatisée d’une capacité minimale de remplissage d’au moins 1000 sacs par jour.

Le fonctionnement d’une plateforme de compostage

Les produits sont triés et les indésirables séparés (plastique, cailloux, métaux, etc.) source http://c-tm.fr

Une fois acheminés à la plateforme de compostage, les déchets sont systématiquement triés manuellement et mécaniquement pour éliminer les éléments indésirables : les plastiques, pierres, fers et autres déchets non biodégradables. C’est la phase dite de tri. Les déchets sont par la suite broyés et défibrés en vue d’augmenter la surface d’attaque des micro-organismes pour une décomposition plus accélérée.

La masse se trouve ainsi homogénéisée pour une décomposition uniforme. Puis intervient la phase de mise en andains. Ces sillons d’environ deux mètres et demi de haut sont aplatis sur leur partie supérieure pour permettre à l’andain d’accueillir plus d’eaux de pluie. Ces eaux seront récupérées par un processus de recueillement des eaux de ruissellement pour servir à l’arrosage régulier de l’andain afin de réactiver les micro-organismes et d’accélérer la décomposition.

L’andain est ensuite retourné à fréquence afin d’apporter aux micro-organismes l’oxygène nécessaire à la respiration, d’évacuer le gaz carbonique et la chaleur accumulés et de rattraper les parties de l’andain dont la décomposition n’est pas uniforme.

Il faudra compter ainsi au moins six mois selon les cas, pour que l’andain soit complètement fermenté et arrive à maturité. Le compost brut ainsi obtenu alors criblé au travers de tamis de 10 à 50 mm pour être affiné. Le refus d’affinage est tout simplement réintroduit dans la chaine de décomposition au stade du broyage ou évacué au lieu de stockage des déchets ultimes. Le compost affiné est dès lors prêt à être ensaché et stocké.

Auteur de l’article : Maison